À Biviers, le 25 déc. 2025
C’est l’histoire d’un petit garçon
qui ne comprenait pas, ah bon,
les évènements autour de lui.
Qu’on puisse dire non, et puis dire oui.
C’est l’histoire d’un petit garçon
qui, du haut de sa tour d’observation..
en fait du bas. Attention.
Les adultes le dépassaient de toute façon.
Un petit garçon qui ne comprenait pas la vie.
Tel un extraterrestre, un ovni,
il observait les conventions.
Quoi dire, quoi faire, et quelle fonction.
Au fond de lui il se sentait perdu.
Au fond de lui ça ne lui a pas plu.
Sauf que cela, il ne le savait pas.
Il n’avait pas conscience de ce qui était présent, là.
Doté d’une grande intelligence,
il a compensé, est parti en vacances
à l’intérieur de son esprit
où tout est bien, en théorie.
À la puissance de l’intellect,
il a calqué les codes sociaux.
Il comprenait bien, c’était chouette,
comment agir et faire le beau.
Une prison dorée s’est construite.
En dessous de laquelle se cachait
un monstre. Traumas. Anxiété.
Et au-dessus la réussite.
Une usine à gaz intellectuelle.
Surpuissante. Un robocop mégagiga.
Des exploits à la pelle.
Le petit garçon caché, effrayé, au cœur de cela.
Le petit garçon n’est plus.
C’est un adulte qu’il est devenu.
Le petit garçon c’est du passé.
Restent les traumas et l’anxiété.
Alors, quoi faire de tout cela ?
Puisque l’adulte, bah, c’est moi.
Le petit garçon aussi était moi.
Tous deux unis dans le même caca.
C’est pas faute d'apprentissages personnels
et de thérapies, à la pelle.
Je sais. Déjà écrite, cette expression.
Je m’en fiche d’une répétition.
J'essaie de comprendre. Ça résout rien.
Il reste en moi ces maux de chien.
Convulsions, tétanies, cauchemars, insomnies.
Des angoisses de mort, seul au cœur de la nuit.
Alors, quoi faire de tout cela ?
Adulte signifie pour moi responsabilité.
Ne pas demeurer prisonnier du passé.
Vivre au présent tout ce caca.
Ce poème est un premier pas
en avant. Vers une transformation.
Le plomb en or. L’ombre en lumière. Le poison en remède.
Une sublimation. Qui vaut le coup de faire péter la rime.
Car plus que tout, j’emmerde les conventions.
Pour lesquelles j’ai failli crever
à trop vouloir les respecter.
Alors, mes termes, c’est : la merde en beauté.
Cette merde que j’ai tant touillée,
à l’intérieur de moi, une horreur.
Essayé en haut, en bas, à côté.
Avec l’impression de toujours faire des erreurs.
Elle est là la sublimation.
Il est là le chemin de vie.
Prendre ce gros tas en petites portions.
Et le lancer en confettis.
En confettis étincelantes
d’une beauté resplendissante.
Que ce soit un poème, de l’impro.
N’importe quoi tant que c’est beau.
Et cette beauté, j’écris de suite,
c'est moi qui en définis les critères.
Je pourrais péter une durite
et faire cramer la Terre entière
si quelqu’un·e me disait comment faire.
Enfer. Et la colère.
En faire, de la beauté.
La beauté de l’authenticité.
